Friday, 28 December 2007

Message de voeux à la Nation congolaise pour l’An 2008!

Message de voeux à la Nation congolaise pour l’An 2008!

De Me Marie-Thérèse NLANDU
Avocat
Présidente du parti Congo Pax
Prisoner of conscience 2006-7


Chers compatriotes,

C’est un agréable devoir pour moi de vous présenter, à vous mes frères et sœurs du Congo de l’intérieur et de la diaspora, mes voeux de bonheur, de prospérité et de succès pour l’An 2008.

J’adresse également ces voeux à ceux qui ont partagé la prison avec moi ( Kin-Mazières, prison centrale de Makala), à ceux qui croupissent dans des conditions inhumaines dans toutes les prisons de la République dite démocratique du Congo.

Le Pasteur Kutino, le prisonnier sur qui pèse des fausses infractions de possession d’armes de guerre, d’assassinat, d’atteinte à la sécurité de l’Etat fait l’objet de nos actions au niveau international pour sa libération.
La question à poser : Faut-il continuer à recourir à l’extérieur pour prouver son innocence ? Comment y mettre fin ? Avec qui ?

Je pense aussi à toutes les victimes des violations massives des droits de l’Homme, en particulier aux femmes, aux filles et aux enfants de l’Est du Congo (Nord, Sud Kivu, Maniema et Katanga).

Eradiquer ces violences, est un dur combat qui demande beaucoup de sacrifices.
Ne nous trompons pas de combat ni de cible. L’instauration de l’Etat de droit demeurera longtemps le centre de nos préoccupations. Il ne peut en être autrement.


Le 6 décembre dernier, cela faisait un an depuis la prestation de serment du Président issu des élections dites démocratiques, ce n’est pas encore l’heure de faire le bilan définitif mais il est permis de se poser quelques questions à ce moment-ci.

- Avons-nous progressé vers le bonheur, le développement et la liberté de notre peuple ?
- Pouvons-nous dire qu’à ce stade, les conditions de bonheur de notre peuple sont entrain d’être réunies ?
- Par rapport aux autres nations de la terre, le Congo devient-il fort au pas ?

A ces questions capitales, je crois que la réponse est négative.

En effet, regardons autour de nous, que voyons-nous ?

Les abus des droits de l’Homme restent massifs, comme en témoignent les différents rapports d’organisations des droits de l’Homme tels que l’Amnesty International, Human Rights Watch (HRW), Médecins sans frontières, (MSF), MONUC, la Voix des sans Voix, le CODHO… qui sont des instituions crédibles à travers le monde.

La recrudescence de la violence sur le terrain opérée par les forces gouvernementales, en passant par des arrestations arbitraires des femmes et des hommes politiques, renforce notre conviction que le peuple congolais a élu un dictateur dangereux et pour le peuple lui-même et pour le Congo. Et notre souveraineté est entre des mains incertaines.

Nous acceptons le principe de l’élection pour diriger les institutions dans un Etat démocratique mais nous refusons qu’une élection serve de prétexte à la légitimation du pillage des ressources naturelles d’un pays.

A cela, s’ajoutent l’extrême porosité des frontières, la menace des voisins, l’annexion de fait de certaines parties du territoire, la guerre programmée principalement à l’Est, la pauvreté galopante et généralisée de notre peuple, le déclin dramatique du système d’éducation à tous les niveaux, l’accès difficile aux soins de santé, une économie évoluant au seul grand profit des tenants du pouvoir et de leurs amis.
Même la radioactivité qui menace Kolwezi ne m’émeut pas le pouvoir.

Où est passé l’Etat?

La situation que nous déplorons est aussi le résultat de la trahison de certains congolais et de certaines congolaises pour des intérêts personnels et quelques honneurs.

Ainsi, le congolais est devenu une victime potentielle de la criminalité grandissante. En d’autres termes, nous sommes menacés dans notre survie comme Nation et comme peuple.

Devant un tel péril, croiser les bras équivaut à un suicide collectif. Nous devons nous lever et organiser notre légitime défense. Et 2008 devra faire la différence!

Je renouvelle l’appel que j’ai lancé aux leaders politiques et aux acteurs de la société civile de l’intérieur du pays et de la diaspora pour convoquer les Etats généraux de la Nation afin que s’ouvre un débat de fond sur le destin de Notre peuple et que nous puissions sans complaisance tracer ensemble la route à suivre pour la reprise en mains de notre destin.

Prendre notre destin en mains par des moyens légitimes, c’est tout ce qu’il nous reste à pour sécuriser le futur de nos enfants. La survie de la Nation en dépend.
Il a été dit qu’un roi sans instruction est la ruine de son peuple.
Le congolais de demain doit donc être le fruit de la science, de l’éducation et de la liberté.


Nous devrons vaincre car le bonheur du peuple est la loi suprême à laquelle tout le monde doit se soumettre en général, et l’homme politique en particulier.

Le Dieu d’Israël a accompagné le peuple d’Israël dans son combat et ce peuple a pu vaincre. Ce peuple a prié mais a travaillé.

Je prie et invoque le Dieu du Congo, Nzambi (e), Mpungu Tulendo, Mungu, Muanda Mukulu, Akongo, Yakoma d’accompagner nous son peuple congolais dans notre combat de reconquête de notre destin!



Vive le peuple congolais, Vive le Congo !


Fait à Londres, 31 décembre 2007